Thyroïdite de Hashimoto

Thyroïdite de Hashimoto : peut-on agir sur l’inflammation et l’auto-immunité grâce à la nutrition ?

Et si l’alimentation pouvait contribuer à mieux accompagner votre santé thyroïdienne ?

La thyroïdite de Hashimoto est la principale cause d’hypothyroïdie dans les régions où les apports en iode sont suffisants. Cette maladie auto-immune se caractérise par une réaction du système immunitaire contre la glande thyroïde, entraînant progressivement, chez de nombreux patients, une diminution de sa capacité à produire des hormones.

Si le traitement par lévothyroxine permet de compenser le déficit hormonal, de nombreuses personnes s’interrogent sur le rôle de l’alimentation et des micronutriments dans l’évolution de leur maladie.

Que nous dit réellement la science ?

Hashimoto : une maladie auto-immune, pas seulement hormonale

Dans la thyroïdite de Hashimoto, le système immunitaire reconnaît à tort certains constituants de la thyroïde comme des cibles. Cette réaction s’accompagne fréquemment de la présence d’anticorps anti-thyroperoxydase (anti-TPO) et parfois d’anticorps anti-thyroglobuline (anti-Tg).

Le processus inflammatoire chronique peut progressivement altérer le tissu thyroïdien.

La prise en charge repose principalement sur la surveillance de la fonction thyroïdienne et, lorsqu’elle est indiquée, sur un traitement hormonal substitutif. Mais certains facteurs nutritionnels pourraient également influencer les mécanismes biologiques impliqués dans la maladie.

Le sélénium : un micronutriment particulièrement étudié

La thyroïde contient une concentration élevée de sélénium, un oligoélément indispensable à plusieurs enzymes impliquées dans le métabolisme des hormones thyroïdiennes et la protection contre le stress oxydatif.

Certaines études réalisées chez des patients atteints de Hashimoto ont observé une diminution des anticorps anti-TPO après une supplémentation en sélénium.

Ces résultats sont encourageants sur le plan biologique, mais doivent être interprétés avec prudence : une baisse des anticorps ne signifie pas nécessairement une amélioration des symptômes ou une modification durable de l’évolution de la maladie.

À ce jour, les données scientifiques ne justifient pas une supplémentation systématique en sélénium chez tous les patients atteints de Hashimoto.

La vitamine D : un rôle dans la régulation immunitaire

La vitamine D ne participe pas uniquement à la santé osseuse. Elle intervient également dans le fonctionnement normal du système immunitaire.

Plusieurs études ont mis en évidence une association entre de faibles concentrations sanguines de vitamine D et les maladies thyroïdiennes auto-immunes.

Des travaux suggèrent qu’une correction d’un déficit pourrait avoir des effets favorables sur certains marqueurs immunologiques. Toutefois, les preuves restent insuffisantes pour affirmer qu’une supplémentation en vitamine D permet de ralentir la progression de Hashimoto.

L’objectif est donc avant tout de prévenir ou de corriger un déficit lorsqu’il existe.

L’iode : indispensable, mais attention aux excès

L’iode est nécessaire à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Pourtant, dans le contexte de Hashimoto, son apport doit être particulièrement bien maîtrisé.

Un apport insuffisant peut perturber la synthèse hormonale, tandis qu’un excès d’iode peut favoriser ou aggraver certains dysfonctionnements thyroïdiens chez les personnes prédisposées.

Il est donc déconseillé de prendre des compléments fortement dosés en iode ou des préparations à base d’algues riches en iode sans avis médical.

Le bon objectif n’est pas d’augmenter systématiquement l’apport en iode, mais de couvrir les besoins sans les dépasser.

Faut-il supprimer le gluten ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes chez les patients atteints de Hashimoto.

Certaines études ont exploré les effets d’un régime sans gluten sur les anticorps thyroïdiens. Cependant, les résultats restent limités et ne démontrent pas de bénéfice clinique suffisamment solide pour recommander ce régime à tous les patients.

En revanche, la maladie cœliaque est plus fréquente chez les personnes présentant une maladie thyroïdienne auto-immune. Lorsqu’elle est diagnostiquée, un régime strict sans gluten est indispensable.

Quelle alimentation privilégier au quotidien ?

Plutôt qu’un régime restrictif, les données disponibles invitent à privilégier une alimentation équilibrée, diversifiée et suffisamment riche en nutriments essentiels.

Quelques habitudes peuvent être particulièrement utiles :

  • Consommer régulièrement des légumes, des fruits et des légumineuses, sources de fibres et de composés antioxydants.
  • Privilégier les poissons, notamment les poissons gras, pour leurs apports nutritionnels.
  • Veiller à des apports adaptés en fer, zinc, sélénium et iode, sans multiplier les compléments.
  • Limiter les aliments ultratransformés et préserver une alimentation suffisamment variée.
  • Rechercher avec son médecin d’éventuelles carences en présence de fatigue persistante ou d’autres symptômes évocateurs.

Ces mesures participent à la santé générale, même si elles n’ont pas démontré leur capacité à stopper le processus auto-immun de Hashimoto.

Et la complémentation nutritionnelle ?

Une approche nutritionnelle raisonnée peut avoir sa place lorsqu’elle répond à des besoins identifiés.

Le Laboratoire PAPILLON a développé NATHYROÏD®, une formule associant notamment du sélénium, du zinc, de l’iode, du fer et de la vitamine D, des micronutriments impliqués dans différentes fonctions physiologiques, dont le fonctionnement thyroïdien et immunitaire.

Cependant, la présence d’une thyroïdite de Hashimoto ne constitue pas, à elle seule, une indication de supplémentation. Le choix d’un complément doit tenir compte des apports alimentaires, du bilan thyroïdien, des traitements en cours et des éventuelles contre-indications.

NATHYROÏD® ne traite pas la maladie auto-immune et ne remplace pas la lévothyroxine lorsqu’elle est prescrite. Un avis médical ou pharmaceutique est recommandé avant son utilisation chez les personnes présentant une maladie thyroïdienne. Il est également important de consulter les recommandations et précautions d’emploi du produit.

À retenir

La nutrition ne permet pas, à ce jour, de guérir la thyroïdite de Hashimoto. Elle peut néanmoins contribuer à préserver un bon état nutritionnel et à corriger des insuffisances susceptibles d’affecter la santé générale.

Le sélénium et la vitamine D font l’objet de recherches intéressantes, mais les résultats ne permettent pas encore de recommander leur supplémentation systématique pour modifier l’évolution de la maladie.

La meilleure stratégie reste une prise en charge personnalisée, associant suivi médical, équilibre hormonal, alimentation adaptée et attention portée aux besoins nutritionnels.